Maison positive

Exemple de Maison positive

Un peu partout, les offres de « maisons à énergie positive » se multiplient, et les effets d’annonce vont bon train : tel promoteur réaliserait en ce moment-même un « bâtiment positif », les constructeurs de maisons se positionnent déjà sur le concept de « maison positive », et de nombreuses particuliers habiteraient déjà dans des « maisons à énergie positive ».

Qu’est-ce qu’une maison positive ? Qu’appelle-t-on « maison à énergie positive » ? Qu’entend-on vraiment par « énergie positive » ?

La réponse un peu plus bas…

Une maison positive : oui mais positive en quoi ?

Entendons-nous bien : sans un minimum de clarification, l’expression de « maison positive » ne veut rien dire, ou au contraire (et c’est plus dangereux), elle peut désigner tout et n’importe quoi.

Le seul élément de définition est sur lequel tout le monde (ou presque) s’accorde est le fait qu’une maison positive « produit plus qu’elle ne consomme ». Produire quoi ? Consommer quoi ?

A partir du moment où l’on parle de production d’énergie, cela implique systématiquement production d’énergies renouvelables, et dans 95% des cas cette production se fait via l’installation d’une centrale solaire photovoltaïque (les panneaux solaires permettant de générer de l’électricité).

Quatre types de maisons positives

Nous avons répertorié quatre grands types de « maisons positives » :

  1. Une maison positive en dépenses de fonctionnement : une centrale solaire photovoltaïque est installée sur le toit de la maison, et l’intégralité de la production est revendue à EDF. Aucun effort particulier n’est réalisé sur le poste « isolation », et les revenus tirés de la vente d’électricité à EDF couvrent l’intégralité des charges de fonctionnement. Ce type de maisons positives est très facilement réalisable, même avec de la maison en parpaing + isolation laine de verre intérieure classique. Ces maisons camouflent leur inefficacité thermique derrière l’installation de centrales démesurées et disproportionnées.
  2. Une maison à énergie positive en énergie finale, c’est-à-dire en énergie effectivement consommée au compteur. Concrètement, chaque kWh consommé doit être couvert par un kWh produit. Encore une fois, parle-t-on de kWh consommé uniquement dans le cadre du chauffage ? Ou de tous les kWh confondus ? Dans ce cas-là, le poste de l’éléctroménager et l’ensemble des dépenses d’électricité doivent impérativement être maîtrisés (atteinte d’une performance basse énergie ou passive au minimum), et on devra acheter du matériel au minimum de classe A.
  3. Une maison positive en énergie primaire, c’est-à-dire en appliquant les coefficients de pondération liés aux différentes énergies (par ex : 2,58 pour l’électricité, 1 pour le pétrole/gaz, 0,6 pour le bois) : ce type de maisons peut être réalisé à condition d’utiliser au maximum l’énergie bois comme chauffage. Il faut également vérifier le coefficient applicable pour l’énergie produite par les panneaux : applique-t-on un coefficient de 1 pour l’énergie produite ? Ou bien un coefficient de 2,58, comme pour l’électricité consommée ?
  4. Enfin, maison positive en énergie grise en raisonnant sur la durée de vie des panneaux solaires, c’est-à-dire prenant en compte l’énergie consommée par les matériaux et systèmes du bâtiment et les panneaux en eux-même lors de leur fabrication et de leur transport : ce type de maison n’a – à notre connaissance – jamais vu le jour, et coûterait trop cher : plusieurs centaines de m² de panneaux au minimum, avec un bilan carbone quasiment nul ! Maintenant, si vous connaissez un tel type de maisons, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire.

Une précision nécessaire

Lorsque l’on vous parle de « maison positive », demandez bien à votre interlocuteur de préciser sa pensée, et de lui demander « positive en quoi ? ».

Selon nous, la « bonne » démarche consiste à respecter la démarche négawatt : 1. Sobriété, 2. Efficacité et 3. Energies renouvelables.

La démarche est la suivante : on réduit d’abord les besoins, on travaille ensuite sur l’efficacité et l’efficience des systèmes, et enfin, on comble le solde par des énergies renouvelables, et ainsi on ne met pas la charrue avant les boeufs (cela permettra à terme d’arrêter de construire des épaves thermiques, espérons-le !).

Bref, avant de construire une maison positive, le plus important est de construire une maison passive !

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